Maroc, hub de croissance stratégique : Bpifrance pousse la co-industrialisation et l’investissement français


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 15 Janvier 2026

Dans un contexte où l’économie marocaine attire de plus en plus les investisseurs européens, la banque publique d’investissement française Bpifrance met en avant une approche audacieuse : la co-industrialisation. Au-delà du simple export, l’institution encourage les entreprises françaises à s’implanter profondément dans l’écosystème marocain, aujourd’hui considéré comme un hub de croissance stratégique. Le message est clair : réussir au Maroc, c’est créer de la valeur locale et profiter de la dynamique africaine émergente.



Les opportunités d’investissement sont nombreuses, qu’il s’agisse de la préparation de la Coupe du Monde 2030, des défis industriels liés à la transformation énergétique ou des projets d’infrastructures, tout en capitalisant sur des secteurs porteurs comme les énergies renouvelables, le dessalement d’eau ou le transport. Mais cette attractivité s’accompagne d’une forte concurrence, nécessitant une présence locale et une stratégie réfléchie.
 

Le Maroc, dont la croissance du PIB est estimée autour de 4,4 % en 2026, ne se limite plus à un rôle de partenaire commercial. Il devient un carrefour industriel pour les entreprises étrangères, renforcé par sa stabilité politique, ses réformes structurelles et son positionnement géographique stratégique pour desservir le continent africain. »
 

Pour Bpifrance, la réussite passe par une transformation du modèle classique d’internationalisation. Le Maroc n’est pas un simple marché à exporter : il exige de la présence sur le terrain, des investissements en ressources humaines et des partenariats industriels locaux. Cette approche, baptisée co-industrialisation, consiste à injecter savoir-faire et capital pour créer des usines et des filières industrielles où la valeur ajoutée reste dans le pays.
 

Le témoignage de Ludovic Vallon, dirigeant de Mastergrid, entreprise spécialisée dans les systèmes électriques haute tension avec 120 millions d’euros de chiffre d’affaires, illustre parfaitement cette dynamique. Implantée depuis 2020, l’entreprise mise sur la formation et le recrutement de talents marocains, ainsi que sur des partenariats locaux. Selon lui, “l’avenir ne passe pas par l’envoi d’experts depuis la France, mais par la création de valeur ajoutée locale”. Les événements comme la CAN ou la Coupe du Monde 2030 jouent un rôle catalyseur dans cette transformation industrielle.
 

Côté institutionnel, Marie Albane Prieur, directrice Développement Export de Bpifrance, confirme l’accélération multisectorielle : projets de dessalement, modernisation du transport, développement des énergies renouvelables… mais elle avertit : le Maroc reste un marché très concurrentiel, où les acteurs européens sont présents depuis longtemps et où les entreprises chinoises gagnent du terrain.
 

Cette stratégie de co-industrialisation dépasse le simple objectif commercial. Elle s’inscrit dans une vision de développement intégré, qui favorise une croissance durable, renforce les compétences locales et consolide la position du Maroc comme hub stratégique pour les entreprises françaises. Créer de la valeur sur place devient un impératif pour s’imposer dans les chaînes de valeur africaines et tirer parti d’un marché jeune, qualifié et en pleine transformation.


Le message de Bpifrance est limpide : pour réussir au Maroc, il faut dépasser le modèle traditionnel d’export et investir dans la co-construction industrielle. Le Royaume n’est plus seulement un marché à conquérir, mais un laboratoire de valeur partagée, où les ambitions françaises et marocaines peuvent se rencontrer et prospérer ensemble.





Jeudi 15 Janvier 2026
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